Absence de culture du Risque : une faille de sécurité majeure

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Quand le manque de culture du risque des populations est une bombe à retardement

La gestion des risques majeurs devrait constituer une priorité pour les autorités locales, mais aussi pour les citoyens qui, souvent, ne mesurent pas les enjeux liés aux catastrophes naturelles, technologiques ou sanitaires. Le manque de culture du risque au sein de la population constitue une faille de sécurité majeure qui compromet non seulement la sécurité des individus, mais aussi la résilience globale d’une commune ou d’une intercommunalité face aux crises.

L’importance de la culture du risque

La culture du risque désigne la capacité d’une population à comprendre, à anticiper et à répondre aux risques majeurs, qu’ils soient naturels ou d’origine technologique. Elle repose sur des connaissances de base, des pratiques, des attitudes et des comportements qui permettent à chaque citoyen de se préparer efficacement à faire face à une situation d’urgence.

Or, dans de nombreuses communes, la gestion des risques est perçue comme un domaine réservé aux autorités publiques, aux élus ou aux professionnels. Les citoyens, de leur côté, manquent souvent d’information, de sensibilisation et de formation. Cette ignorance expose les habitants à des comportements inadaptés en cas de crise, augmentant ainsi les conséquences des événements indésirables, qu’ils soient liés à des inondations, des incendies, des accidents industriels ou des pandémies.

Les risques du manque de culture …du risque

L’absence de culture du risque représente une faille de sécurité majeure pour plusieurs raisons :

  1. Réduction de la réactivité : En cas d’incident majeur, une population mal préparée aura du mal à réagir rapidement et correctement. Des gestes simples, mais vitaux, comme l’évacuation rapide, l’identification des zones sûres ou l’utilisation correcte des moyens de secours, peuvent sauver des vies. Sans ces connaissances, la panique risque de prendre le dessus, ce qui complique l’intervention des secours et augmente les risques de blessés.
  2. Allongement des délais d’intervention : La méconnaissance des bonnes pratiques peut engendrer des comportements qui ralentissent les interventions de secours, rendant plus difficile l’accès des services d’urgence aux personnes en danger.
  3. Surcharge des systèmes de secours : Si les citoyens ne sont pas autonomes, ils risquent d’encombrer inutilement les lignes d’urgence ou les centres de crise. L’incapacité à gérer certaines situations de manière autonome, même à petite échelle, peut entraîner une surcharge des services de secours, empêchant ainsi l’acheminement des secours vers ceux qui en ont réellement besoin.
  4. Non-respect des consignes de sécurité : Sans une connaissance suffisante des risques, des mesures de prévention et des procédures d’évacuation, la population peut ne pas respecter les consignes données en cas de crise. Cela diminue l’efficacité des plans d’urgence et accroît la vulnérabilité.

Notre réponse : Impliquer les habitants dans la gestion des risques

Face à ce constat, il devient indispensable d’intégrer les citoyens dans la compréhension de la gestion des risques et de les éduquer sur ces enjeux. Une population informée et sensibilisée constitue une première ligne de défense face aux crises majeures. C’est pourquoi il est essentiel que les collectivités locales s’engagent dans la création d’un véritable dialogue avec leurs habitants.

La production de documents pédagogiques : DICRIM et autres supports

Un des leviers majeurs de cette culture du risque est la production de documents d’information tels que le DICRIM (Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs). Ce document doit être accessible à tous, notamment grâce à des outils comme la facilitation graphique, qui permet de rendre les informations complexes plus claires et compréhensibles.

En parallèle, la conférence-spectacle que nous avons créé ou le serious game que nous avons développé sont des moyens innovants de sensibiliser le public tout en allégeant la dimension anxiogène souvent associée aux crises. Par exemple, des événements tels que des ateliers collaboratifs ou des journées de sensibilisation comme la journée « Tous résilients face aux risques » permettent de créer une atmosphère propice à la discussion et à la réflexion collective, tout en incitant à l’action.

Former et responsabiliser les élus

Les élus jouent un rôle clé dans la mise en place d’une culture du risque au sein de la population. Former les élus à la gestion des risques majeurs et aux bonnes pratiques est indispensable pour leur permettre de prendre des décisions éclairées en période de crise. Si elle est advient, ces élus (qui ne sont pas des experts de la sécurité) devront prendre la direction des opérations de secours et donc gérer également leur population. Il est donc important qu’ils soient formés à la gestion du stress et qu’ils connaissent leurs obligations légales en matière de gestion des risques.

La mobilisation des acteurs locaux

La Réserve Communale de Sécurité Civile (RCSC), l’une des solutions mises en place par les communes, permet de constituer un réseau d’habitants formés à la gestion des risques et prêts à intervenir en cas de crise. Mais au-delà des infrastructures et des moyens matériels, c’est avant tout l’intelligence collective qu’il faut mobiliser. Par des ateliers collaboratifs, les habitants peuvent proposer des idées, des solutions et des actions concrètes pour améliorer la résilience de leur commune.

L’ère de l’intelligence collective et de l’action préventive

La gestion des risques majeurs ne relève pas uniquement des autorités locales ou des services de secours. Elle concerne chaque citoyen, et sa réussite passe par la création d’une véritable culture du risque. En impliquant les habitants, en formant les élus et en multipliant les actions de sensibilisation, les communes peuvent non seulement réduire les impacts des crises, mais aussi renforcer leur résilience face aux événements futurs.

Il est urgent de lever les freins à la mobilisation collective, de susciter l’intérêt des citoyens et de les préparer efficacement à la gestion des risques. C’est un défi majeur, mais c’est aussi une opportunité de renforcer les liens sociaux, d’ancrer une véritable culture de la prévention et de faire de la résilience une véritable démarche collective.

Si cette approche vous intéresse, échangeons à ce propos.

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