Face au risque de pénurie, beaucoup d’élus se demandent s’ils devraient constituer des stocks stratégiques à l’échelle de leur commune. La réponse est plus nuancée qu’un simple oui ou non — et dépend surtout de ce que la commune a réellement le pouvoir de faire.
Ce que la commune ne peut pas faire
La gestion des stocks stratégiques nationaux (carburant, produits de santé, denrées essentielles) relève de l’État, pas des communes. Une commune n’a ni la mission légale, ni généralement les moyens financiers et logistiques de se substituer à ce rôle. Vouloir constituer un stock alimentaire municipal conséquent, par exemple, se heurte vite à des questions de budget, de stockage, de péremption et de gestion qu’une petite collectivité ne peut pas assumer seule.
Ce qu’une commune peut réellement faire
- Cartographier ses dépendances : savoir précisément d’où viennent le carburant des véhicules de secours, les denrées des cantines scolaires, les produits de première nécessité vendus localement
- Identifier les ressources de proximité : producteurs locaux, artisans, associations qui pourraient prendre le relais en cas de rupture des circuits habituels
- Nouer des partenariats en amont : des conventions ou simplement des contacts établis avant la crise avec ces acteurs locaux, plutôt que de les découvrir en urgence
- Informer la population : un DICRIM qui aborde la question donne aux habitants les moyens d’anticiper eux-mêmes, à leur échelle
Le vrai levier : la connaissance du territoire, pas le stock
La véritable résilience d’une commune face à une pénurie ne réside pas dans un entrepôt qu’elle aurait constitué seule, mais dans sa capacité à mobiliser rapidement les ressources qui existent déjà sur son territoire. C’est une différence essentielle : un stock coûte cher et se périme, un réseau d’acteurs identifiés à l’avance ne coûte presque rien et reste opérationnel dans la durée.
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