« Quand l’IA verte cache une dépendance aux hydrocarbures et une menace pour la souveraineté des États »
L’IA, une révolution sous perfusion d’hydrocarbures ?
Alors que les géants de la tech promettent une intelligence artificielle « zéro carbone » d’ici 2035-2040, la réalité énergétique de ces technologies reste profondément ancrée dans les hydrocarbures. Derrière les promesses de décarbonation, une question demeure : quelles sont les ressources réelles qui alimentent cette révolution numérique et quels enjeux géopolitiques en découlent ?
Des infrastructures énergivores encore dépendantes du gaz
Les centres de données qui entraînent et font fonctionner l’IA consomment d’énormes quantités d’électricité. Malgré les investissements dans l’énergie solaire et éolienne, la majorité de ces infrastructures repose encore sur des sources fossiles, notamment le gaz naturel. Si l’Europe a réduit ses importations de gaz russe après l’invasion de l’Ukraine, d’autres marchés comme la Chine et l’Inde continuent de s’approvisionner en hydrocarbures russes. Indirectement, l’IA mondiale reste donc alimentée par des ressources fossiles, y compris celles provenant de Moscou.
Les outils « zéro carbone », un mythe ?
L’illusion d’une IA propre repose aussi sur l’origine des matériaux nécessaires à sa fabrication. Les serveurs, puces et batteries qui équipent ces technologies sont issus d’une chaîne industrielle largement dépendante des hydrocarbures. L’extraction du lithium pour les batteries, le raffinage des terres rares pour les semi-conducteurs, et même la production des fibres de carbone et des plastiques utilisés dans les serveurs nécessitent du pétrole et du gaz. Ainsi, les promesses de neutralité carbone masquent une réalité plus complexe : ces outils restent issus d’un modèle extractiviste et fossile.
Une stratégie géopolitique pour affaiblir les États ?
Derrière cette dépendance énergétique se cache un autre enjeu : l’impact de l’IA sur la gouvernance des États. L’ingérence étrangère en Europe ne vise pas seulement à influencer les choix énergétiques, mais aussi à restructurer profondément les institutions. Plusieurs acteurs internationaux, notamment des multinationales et certaines puissances étatiques, encouragent la réduction des effectifs de la fonction publique au profit d’outils numériques et d’intelligences artificielles. L’objectif ? Affaiblir les États-nations en diminuant leur capacité d’action et en instaurant une dépendance technologique aux grandes entreprises du numérique.
Le déploiement de l’IA dans l’administration publique est présenté comme une solution d’efficacité et de réduction des coûts, mais il pourrait surtout être un cheval de Troie pour une privatisation massive des services publics. Moins de fonctionnaires signifie une baisse du contrôle démocratique et une augmentation de la dépendance aux infrastructures privées, souvent basées hors d’Europe.
Vers une souveraineté énergétique et numérique ?
Face à ces défis, la question d’une souveraineté énergétique et technologique européenne devient cruciale. Peut-on développer une IA réellement indépendante sans hydrocarbures étrangers ? L’Europe peut-elle maintenir des institutions fortes face à la pression de la privatisation numérique ? Ces enjeux stratégiques détermineront si l’IA sera une opportunité maîtrisée ou un levier d’ingérence et de fragilisation des États.
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